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Photo Frédéric Speich

 

Un communiqué de l'Agence Nationale de Santé nous informait qu'à ce jour  en Vaucluse, 23  ouvriers agricoles ont été contaminés par le Covid-19. (20 à Carpentras et 3 à Châteauneuf-de-Gadagne). C'est la pandémie diront les  autorités! À voir....

 

Ces ouvriers sont pour la plupart équatoriens, arrivant d'Espagne pour être "travailleurs détachés" sur les exploitations agricoles  du sud de la France . La société  espagnole Terra Fecundis,   "société d'interim" agricole espagnole, spécialisée dans l'envoi d'ouvriers sud-américains dans les campagne françaises,  en est le grand pourvoyeur.

 

L'article de La Provence  d'hier  Les "damnés de la terre" : fraudes sociales, ouvriers "en esclavage"... le procès qui fait trembler  dont nous donnons le lien ci-dessous en résume  quelques unes des pratiques.

 

La réputation de Terra Fécundis n'est plus à faire ,  même chez les chantres du capitalisme débridé.  En 2019 Le Point lui consacrait un article sous le titre "Agriculture: les dérives du recours aux travailleurs détachés"  de même, en mars  2015,  Le Monde écrivait:"Une saison en enfer: depuis dix ans, Terra Fecundis fait travailler en France jusqu’à 5 000 ouvriers agricoles sud-américains sous contrat espagnol. Les méthodes de la société d’intérim sont aujourd’hui dénoncées."

 

Voilà plus de 10 ans déjà que ces pratiques sont connues et pourtant elles perdurent. L'exploitation que vivent  bien des salariés agricoles détachés  explique en partie la difficulté de riposter. 

En juillet 2018 la CGT dénonçait: l'emploi frauduleux à grande échelle de travailleurs agricoles détachés "Nous parlons de personnes humaines en captivité, qui travaillent dans des conditions dignes de l'esclavage", beaucoup travaillent 11 heures par jour, parfois tous les jours, dans des conditions difficiles et sont renvoyés immédiatement en cas d'accident ou de maladie.   À Châteaurenard (Bouches du Rhône) la CGT à notamment rapporté la situation de travailleurs logés à 6 ou 8 dans un mobil-home moyennant 230 euros de loyer chacun.  Ces travailleurs sont transportés d'exploitation en exploitation en minibus et privés de liens avec les autres salariés pour qu'ils n'aient pas conscience qu'ils sont sur-exploités .  Certaines exploitations se sont séparées de tous leurs ouvriers agricoles et ne travaillent plus qu'avec un cadre qui commande des travailleurs détachés, assure le CGT.  De grandes exploitations maraîchères dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse et horticoles dans le Var sont notamment concernées. 

 

Comment poursuivre aux prud'hommes ou en justice quand on ne parle pas la langue, qu'on a ni argent ni moyen de transport et qu'il est quasi impossible d'avoir des  contacts avec les syndicats!  Ces  travailleurs sont si exploités que seule une intervention résolue des autorités permettrait de faire appliquer la loi mais au pays du Président des riches on connaît le délabrement de l'inspection du travail et on est en droit de douter de la détermination de  la haute administration.

 

Soyons sérieux! Comme par hasard 100% de ces cas concernent des ouvriers et comme par hasard ceux dont les conditions de vie sont les plus dures!  Aujourd'hui en Vaucluse le bras armée de la pandémie c'est l'exploitation!

 

R.C.

 

Lire l'article de Delphine Tanguy dans  La Provence:

 

Les "damnés de la terre" : fraudes sociales, ouvriers "en esclavage"

 

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Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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