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Les salarié·e·s du commerce ne peuvent être les sacrifié·e·s !

La crise sanitaire aura servi de prétexte à bien des entreprises du secteur du commerce et des services afin d'accélérer leurs projets, pour les moins antisociaux, qui n'attendaient que le bon moment pour être mis en œuvre.

 

 

Plus de 7 500 suppressions d'emplois en octobre

En effet, nombre de PSE dans les secteurs du commerce sont à déplorer depuis la fin du premier confinement, que ce soit à Conforama, Tati, Maxitoys, Keria Luminaires, André, Orchestra, Camaïeu, Phildar, Samsonite, Parashop, Top Office, Celio, sans oublier Cora, Auchan, ainsi que tout le secteur des HCR (Hôtels-Cafés-Restaurants) et de la restauration collective, par exemple, Sodexo Elior.

Pour le seul mois d'octobre 2020, nous recensons dans nos secteurs plus de 7 500 emplois supprimés, en sachant que toutes les entreprises qui licencient ont bénéficié d'aides publiques et versé des millions de dividendes à leurs actionnaires.

Les autres enseignes, telles que Carrefour ou Casino profitent de cette période tendue et épuisante pour les salarié·e·s pour mettre en œuvre des projets comme le « projet TOP » à Carrefour Hyper, qui n'est ni plus ni moins que la mise en place du lean-management poussé à son paroxysme. Carrefour Market poursuit et accentue la mise en location-gérance de ses supermarchés (dix par mois depuis le déconfinement). Quant à Casino, l'automatisation des caisses se généralise dans les hypermarchés.

Les négociations de la cession de Leader Price à Aldi se poursuivent en visioconférence malgré l'opposition de la CGT qui aurait souhaité que les conditions optimales de négociation soient réunies.

 

Polyvalence généralisée

Toutes les enseignes de la grande distribution généralisent le recours à la polyvalence sans réelle reconnaissance en termes de salaires et de classifications. Nous sommes loin du discours de l'ancienne ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui avait annoncé qu'il y allait avoir des négociations au niveau des branches pour augmenter les salaires.

 

Protéger la santé

Ces salarié·e·s des secteurs du commerce et des services qui ont travaillé sans relâche pendant toute la pandémie, mettant leur santé en danger ainsi que celle de leurs proches, sont récompensé·e·s aujourd'hui par une augmentation de salaire de 0,1 centime au-dessus du Smic au premier niveau (proposition du 15 octobre de la branche FCD). Ceci est d'un mépris total !

Depuis l'annonce du reconfinement, les mesures et directives contradictoires du gouvernement se succèdent, permettant aux grands groupes de négocier sur leur périmètre de vente, pointant au passage l'argument fallacieux de la distorsion de concurrence, tout en plongeant les travailleurs de nos secteurs dans une incertitude et une incompréhension.

Notre fédération Commerce et Services, par un communiqué de presse du 2 novembre, réaffirme que la première priorité doit être la santé et la sécurité des travailleur·euse·s.

Car si ces salarié·e·s sont équipé·e·s, aujourd'hui, de masques, gants et gel hydroalcoolique, il n'en demeure pas moins qu'ils-elles sont plus épuisé·e·s et craignent de payer à nouveau un lourd tribut car, à l'inverse du mois de mars, il n'y a pas de régulation des client·e·s à l'entrée des supermarchés.

Des changements, également, dans l'organisation du travail tel qu'à Carrefour ou dans d'autres secteurs de la grande distribution, rendent la situation encore plus intenable.

Les client·e·s exaspéré·e·s par la situation se montrent agressif-ve-s et ce sont les caissières, les agents de sécurité (plus de 24 décès pendant la première vague) qui se retrouvent en première ligne face à l'exaspération de la clientèle. Pour preuve, l'agression au couteau dont ont été victimes les salarié·e·s de Gifi Le Millénaire, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le week-end du 1er novembre.

Les salarié·e·s ont exercé leur droit de retrait. Force est de constater qu'au lieu de tirer les enseignements du premier confinement et d'en profiter pour améliorer les conditions de travail, gérer au mieux l'organisation du travail, rémunérer décemment ces milliers de salarié·e·s qui n'ont pas failli à la tâche pendant toute cette période de crise sanitaire, le patronat a, au contraire, profité de cette opportunité pour rationaliser au maximum ses coûts, le salariat, encore une fois, ne servant que de variable d'ajustement.

 

27 novembre : luttes et de manifestations

Pour cela notre riposte doit être à la hauteur de ces attaques.

C'est pourquoi la fédération Commerce et Services organise un jour de lutte et de manifestations, le 27 novembre 2020, et exige :

  • une augmentation des salaires et la reconnaissance des métiers reconnus utiles (notamment au cours de cette crise sanitaire) ;
  • l'arrêt de tous les PSE et de toutes les mesures et de tous les accords (APLD, RCC, etc.) ;
  • le remboursement du CICE et toutes les aides versées aux entreprises (exonérations et niches fiscales) ;
  • le respect de la liberté et de l'expression syndicale ;
  • en cas d'activité partielle, maintien du salaire intégral.

Les héros d'hier ne doivent pas être les oubliés de demain ! Le 27 novembre 2020, la fédération Commerces et Services appelle à la grève et à toutes les formes de manifestations possibles (tractages, pétitions, rassemblements) pour défendre nos droits.

 

Amar Lagha

Secrétaire général de la fédération CGT Commerces et Services

 

Tag(s) : #JE LUTTE DES CLASSES

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