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Année après année, notre Fête de l’Humanité est chaque fois la même et chaque fois une autre. Elle vit et déploie ses ailes au rythme de la grande foule de ses participants. Une foule qui cette année n’a pas hésité à braver à la fois une pluie tenace et pour beaucoup, le manque d’argent, alors qu’arrivaient les feuilles d’impôt, souvent en substantielle  hausse.

La Fête a, cette fois encore, bien porté son nom d’ "humanité". Ses centaines de milliers de participants, aux multiples visages souriants, ont vécu trois jours durant au rythme des créations culturelles, de la diversité des musiques, chants et paroles du monde, d’une multitude de débats, où chacune et chacun s’enrichit de l’autre, dans le respect, dans l’altérité fraternelle, dans la recherche de chemins pour un monde nouveau, à construire ensemble. La Fête a été de part en part, parcourue du goût du partage et du « rassemblement ». Rassemblement contre le fracas des armes et la loi de l’argent. Rassemblement pour changer de société et de politique. Il n’y a que là que des ouvriers en lutte peuvent rejoindre sur scène, le groupe HK et les Saltimbanks pour défier les puissants avec ce cri manifeste, courant dans toute la Fête : « On lâche rien » ! Là où, à la fin d’un concert d’Al Manara, où s’est mise en musique la poésie de Mahmoud Darwich, se lance une campagne internationale pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, au premier rang desquels Marwan Barghouti. Là où, le groupe Zebda peut présenter une création musicale en hommage à Victor Jara. C’est l’humanité marchante dans toute la Fête, porteuse d’un autre avenir.

Nulle part ailleurs, on ne peut passer, dans un improbable mélange, des concerts à un village du livre où se côtoient écrivains, intellectuels et penseurs, puis à des troupes de théâtre, à des  sportifs, tout en prenant part à des dizaines de débats pluralistes où se retrouvent tout l’arc en ciel des forces progressistes et écologistes, des intellectuels, des syndicalistes, des associations, des fondations.

Durant trois jours, à l’unisson des peuples du monde y a résonné des appels à ce que l’on range les missiles et les bombes, au moment même où à Genève, les dirigeants des Etats-Unis et de la Russie écrivaient le projet d’accord qui ouvre la porte, jusque là blindée, d’une solution diplomatique et politique, obligeant le bourreau de Damas à placer les armes chimiques qu’il détient sous contrôle international pour les détruire. La solidarité avec le peuple syrien, qui doit trouver la voie d’une transition politique vers la justice et la liberté, a retenti avec force et passion. Partout d’ailleurs les armes de destruction massive devraient être détruites et le Moyen-Orient proclamé  zone dénucléarisée. Fête de la paix. Fête du débat et du ressourcement de la pensée et de la politique.

Beaucoup d’arguments, d’idées ont été échangés, discutés, enrichis afin que prévalent enfin d’autres choix. Ceci implique de renoncer à la contre-réforme des retraites, à l’injustice fiscale, aux cadeaux aux grandes fortunes et aux puissances industrielles et financières, sans contrepartie pour l’emploi, les salaires, les services publics. En vérité, c’est parce que le Président de la République a décidé de composer avec l’adversaire qu’avait désigné le candidat F. Hollande ; la finance, que le peuple souffre terriblement et que la France perd son sang industriel et agricole.

La colère et le désarroi qui se sont exprimés dans les allées de la Fête de l’Humanité, devraient être pris en compte et entendus au plus haut niveau de l’Etat.

Un gouvernement qui se réclame de la gauche et de l’écologie, n’a pas à se soumettre aux injonctions des forces de l’argent et de leurs porte-voix. Pierre Laurent a proposé de sortir du joug politique et idéologique qui tente d’enfermer dans l’impasse des choix libéraux, celles et ceux qui aujourd’hui souffrent tant. De le faire en  modifiant substantiellement les termes du débat pour éclairer sur les coûts et les gâchis du capital, sur l’évasion fiscale afin que grandisse l’exigence d’une nouvelle répartition des richesses.

De tous les débats et discussions de la Fête a transpiré un questionnement fondamental qui se résume en quelques mots : comment faire ? En effet, les aspirations du plus grand nombre sont connues. Les possibilités technologiques et financières existent pour y répondre. Par contre, le chemin pour y parvenir apparait souvent à beaucoup, étroit, encombré de multiples obstacles. Il n’y a pas de raccourci à la construction patiente d’un rassemblement populaire, d’un rassemblement citoyen, large, conscient, déterminé, à entamer un processus de transformation sociale et écologique dans tous les lieux de la société, du local jusqu’à l’échelle du pays, de l’Europe  et du monde.

C’est en ce sens que le Front de gauche, devenant la propriété de millions et de millions de nos concitoyens, venus de toute la gauche et de l’écologie, peut jouer un rôle de premier plan pour qu’un tel processus de révolution citoyenne démarre, puis enfle jusqu’à devenir irrésistible. Son esprit d’ouverture, sa pédagogie de la réussite, ses argumentations et propositions solides, ses actions unitaires pourraient lui permettre d’impulser utilement un mouvement général pour changer de politique avec évidemment un changement de gouvernement. Que dans leur majorité nos concitoyens s’en fixent l’ambition après avoir tiré les leçons de ces derniers mois, qu’ils se rassemblent sur des objectifs de progrès, dès lors tout deviendrait possible pour eux et pour notre pays.

Que cela soit difficile et complexe est une évidence. Que nous ayons la responsabilité historique d’y contribuer, face à la loi de l’argent qui gangrène tout et à la montée d’une peste brune, déguisée en figurine dédiabolisée par des médias biens pensants, en est une autre.

La Fête de l’Humanité a porté haut et fort ce message. Celui du rassemblement dans la diversité du peuple de gauche pour tarir la source qui alimente la haine et le repli, les retours en arrière vers la droite extrémisée et  l’extrême-droite, pour des choix de changement à gauche qui impliquent forcément de s’attaquer aux forces de l’argent. Celles qui sont l’exact contraire de l’humanité.

Patrick Le Hyaric

Blog de Patrick Le Hyaric:  http://patrick-le-hyaric.fr

 


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Tag(s) : #AGIR AVEC LE PCF

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