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RogerMARTIN-c0895Certains ironiseront peut-être si je parle d’atmosphère de guerre civile. Certes, personne n’a encore brandi la kalachnikov, mais chacun sait que le pouvoir des mots est parfois plus redoutable que celui des armes.

Après avoir dépossédé la gauche, y compris la nôtre, de son vocabulaire (nous étions devenus les conservateurs, les égoïstes, les passéistes, ils étaient les révolutionnaires et prétendaient sabrer les retraites et les salaires au nom de l’avenir de la jeunesse), les voilà qui hurlent au totalitarisme, clament le fascisme ne passera pas pendant que casqués et armés, les nazillons identitaires, dignes héritiers de Jeune Nation, du GUD et d’Occident ( vous savez ces mouvements où s’illustrèrent  les Madelin, Longuet et autres Penciolelli, ex-gudard, ex financier de Minute, aujourd’hui actionnaire principal de Causeur, le site d’Elisabeth Lévy) cassent et vocifèrent.

Ils sont venus, ils sont tous là.

Archéo-monarchistes, nostalgiques de la francisque, virtuoses de la barre de fer, skinheads défraichis, tradi bon chic-bon genre, post-soixante-huitards qui ne peuvent plus nier que le maoïsme de leur jeunesse cachait en réalité un anticommunisme viscéral.

Loin de les chagriner, la présence de Gilbert Collard et de quelques ténors du FN les requinque. Oui, le temps est venu de l’alliance. Oh, il y avait bien eu des signes avant-coureurs, les campagnes de Giscard, dont les sympathies pour l’OAS étaient notoires, assurées par des militants d’Ordre Nouveau, l’heureuse époque où Jean-Claude Gaudin, en Paca, Jean-Pierre Soisson en Bourgogne, Charles Baur en Picardie, Charles Millon en Rhône-Alpes et Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon scellaient des alliances avec le FN pour conserver leur présidence aux conseils régionaux, mais aujourd’hui, l’heure a sonné de la recomposition de la droite. Ils savent bien que Marine Le Pen aspire au pouvoir, qu’elle est prête à «assagir» son parti, que les municipales sont proches.

Et dans ce concert de haine, tous les soutiens sont bons à prendre. Le recyclage est en cours. Sonnez hautbois de Pascal Bruckner et Christine Boutin, résonnez trompettes d’Eric Zemmour et Henri Guaino, l’orchestre de la revanche se met en place, qu’il ne manque personne pour la symphonie de la haine ! UMP, FN, Œuvre française, Bloc identitaire, Institut Civitas, Renouveau français, défilent bras-dessus bras-dessous en bleu-blanc-rouge aux cris de « Pas de quartier pour les enfilés ! ».

Une seule réponse : Du balai !

 

Roger Martin, écrivain

À paraître le 7 mai : Dernier convoi pour Buchenwald.

 

Humanité(Paru dans Cactus, L’Humanité du jeudi 25 avril 2013)

Tag(s) : #CULTURE
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