Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Mercredi, 5 Juillet, 2017 L'Humanité

« La situation professionnelle des descendants d’immigrés maghrébins est moins favorable que celle des personnes sans ascendance migratoire », note l'Insee.

Les femmes et les descendants d’immigrés maghrébins sont les premières victimes d’un monde du travail très inégalitaire, révèle une étude publiée hier.

Les descendants d’immigrés maghrébins et les femmes demeurent les parents pauvres du marché du travail en France. Scandaleux constat qu’appuie une nouvelle fois une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques, publiée hier. Dans l’édition 2017 de son baromètre « Emploi, chômage, revenus du travail », l’Insee, après avoir noté que, « sur l’année 2016, l’emploi accélère nettement, avec une hausse de 255 000 », contre 124 000 en 2015, détaille les inégalités de traitement qui continuent de frapper certaines catégories de salariés.

Ainsi, « la situation professionnelle des descendants d’immigrés maghrébins est moins favorable que celle des personnes sans ascendance migratoire », note l’institut. Globalement plus jeune et moins diplômée, « la part des diplômés du supérieur est inférieure de plus de 10 points » dans cette catégorie d’actifs par rapport aux autres et la part des non-diplômés « supérieure de plus de 10 points ».

Conséquence, « un risque de chômage plus élevé » qu’étaye un chiffre : dans les dix années qui suivent l’obtention d’un diplôme, le taux de chômage des descendants d’immigrés maghrébins est de 20 % supérieur à celui des autres jeunes diplômés.

Par ailleurs, la probabilité qu’ils accèdent à des postes rémunérés plus de 3 000 euros net mensuels est « 20 % à 30 % inférieure ».

Enfin, sur un poste à temps complet, leur rémunération est « inférieure de 13 % en moyenne » aux autres salariés. Un écart quasiment identique à celui qui persiste entre les hommes et les femmes en général, ces dernières touchant, dans le secteur privé et à compétences égales, en moyenne 14,4 % de moins que les hommes, note l’Insee. La part « inexpliquée » – comprenez purement discriminatoire – de ces écarts de salaires entre les sexes est de 8 points. Pour le reste, l’Insee estime qu’ils résultent non seulement d’une « ségrégation inter­entreprises », c’est-à-dire que, « à même niveau de productivité », les hommes sont embauchés dans des entreprises qui paient mieux, mais également d’« inégalités intra-entreprises », avec « une plus forte présence des hommes aux postes les mieux rémunérés ».

 

Marion d’Allard

 

 

Tag(s) : #SOCIETE

Partager cet article

Repost 0