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Parmi les obstacles auxquels se heurtent les mouvements progressistes en général et le Parti communiste en particulier il y a évidemment le mur de la contre-information. La quasi-totalité de la presse et des médias aux mains des groupes financiers et de la droite, comment parvenir dans bien
des cas à démêler le vrai du faux et à décrypter les arcanes de la politique?

Les exemples de la situation en Ukraine ou en Syrie nous le démontrent chaque jour davantage.

Maxime Vivas, dont on se rappelle le combat contre Robert Ménard lorsque, financé par une association dont les fonds émanaient de la CIA, le futur maire de Béziers avait transformé Reporters sans frontières en machine de guerre contre Cuba, puis sa démystification du Dalaï-Lama qui lui valut maintes menaces pas vraiment zen, est un connaisseur avisé de l’Amérique latine.

Aujourd’hui il publie un roman noir politique, Rouges les collines de Caracas, qui complètera utilement les articles de fond que l’on a pu trouver, concernant le Venezuela, dans l’Humanité, le Monde diplomatique ou sur le site Le grand Soir, qu’anime Maxime.

Ce récit est la parfaite illustration du rôle que peut jouer le roman noir lorsqu’il a pour pères des auteurs comme Didier Daeninckx, Patrick Bard, Dominique Manotti, Philippe Pivion et quelques autres. Inscrit dans un épisode précis de l’Histoire avec un grand H, en l’occurrence celle du
Venezuela, à travers une énigme à suspense pleine de rebondissements, il informe bien mieux que la plupart des reportages bidons suscités par les multinationales et les États-Unis, sur la réalité d’un pays qui a osé secouer la tutelle de l’oligarchie pétrolière.

Rouges les collines de Caracas se déroule de 1999 à 2013, alors que le pays a à sa tête Hugo Chavez, président moqué, caricaturé, honni, diffamé à l’étranger mais qui aura réussi, fort d’un formidable soutien populaire, à être élu et réélu, sans que les observateurs puissent mettre à son discrédit magouilles et manœuvres alors que la quasi-totalité des médias de son pays, appartenant à des groupes privés liés aux Etats-Unis, menaient campagne contre lui et, pour certains, finançaient le coup d’État qui devait le destituer avant de l’exécuter et permettre à la droite la plus revancharde de revenir aux affaires .

Le roman de Vivas, à travers les yeux d’une journaliste française pas spécialement bien disposée à l’égard de Chavez et de ses partisans, jette une lumière crue sur l’incroyable saga feuilletonesque où manipulations, chantage, attentats, tentatives d’assassinats, complots médiatiques se bousculent et s’entremêlent sans cesse qui aurait dû se terminer par la mort de Chavez.

Si le roman emprunte à la fiction à travers le personnage de sa narratrice, Gaya, il doit cependant l’essentiel de sa trame et de sa chair à la réalité vénézuélienne que Vivas, à qui on ne la fait pas, connaît parfaitement.
Un livre qui passionne, divertit, instruit. Un livre qui donne des armes que nous ne saurions que trop recommander aux lectrices et lecteurs de Rouge Cerise, qu’ils aiment le suspense, l’histoire, la politique et, avant tout, la vérité.

 

Roger Martin

 

Maxime Vivas : Rouge les collines de Caracas Éditions Arcane 17
 

Pour rappel :

  • La face cachée de Reporters sans frontières : de la CIA aux faucons du Pentagone (enquête), Éditions Aden, Bruxelles, 2007, 266 p. (prix « Lire la politique »)
  • Dalaï-Lama - Pas si ZEN, Max Milo, 2011, 131 p.
Tag(s) : #CULTURE

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